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Presse

 


Valeurs Actuelles , 25 avril 2008

Vladimir de Gmeline, le 25-04-2008

Laurent Cabrol

La Terre se réchauffe ou se refroidit… sans notre aide. C’est la théorie du livre choc de Laurent Cabrol qui s’élève, arguments scientifiques à l’appui, contre le bien-pensant écolo. Extraits.

Halte aux idées reçues ! Laurent Cabrol, spécialiste de la météo à Europe 1, s’élève dans son livre contre la culpabilisation des Français autour du réchauffement climatique. Publié aux éditions du Cherche-Midi, Et si la Terre s’en sortait toute seule, présente, sans jargon universitaire, les problèmes liés au climat, et lève le voile sur les immenses vides scientifiques dans notre connaissance du sujet.
Surtout, Laurent Cabrol refuse d’imputer la faute entière à l’humanité, et rappelle justement les périodes de réchauffement et de glaciation qui ont accompagné notre civilisation depuis le Moyen Âge. Il évoque les deux millions de Français morts de froid sous le règne de Louis XIV, la Seine et la Loire gelées. Il raconte l’optimum médiéval, réchauffement climatique entre 900 et 1300, qui voit les Vikings s’installer au Pays vert (le Groenland). Il dénonce la partialité de la presse et des “spécialistes”, réunis autour d’un consensus de culpabilisation de l’homme. Et pose la question : “Et si la terre était capable de créer ellemême ses défenses naturelles contre les agressions, comme l’homme combat ses maladies ?”

La pensée unique verte

“André Malraux disait que le XXIe siècle serait celui de la spiritualité. Nous pouvons parier aujourd’hui qu’il sera aussi celui de l’écologie. […] On cherche à nous faire croire que nous sommes les grands fautifs du réchauffement. Or, nous émettons, nous, Français, 2 à 3 % seulement du total des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Nous devons ces performances à nos centrales nucléaires qui nous donnent de l’électricité propre pendant que les Chinois mettent en service une centrale à charbon toutes les semaines. […] À l’échelle de l’atmosphère, nos rejets sont insignifiants. En réduisant de 10 kilomètres/heure notre vitesse sur les autoroutes, nous économiserions en un an ce que les Chinois consomment en trois heures.

[…] Actuellement dans le collimateur de nos dirigeants et des écolos : la voiture. Parce que, à leurs yeux, les Français ont un gros défaut, ils aiment leur auto.Les habitants des villes moyennes et du monde rural , eux, ne considèrent pas leurs voitures comme un luxe mais comme une nécessité vitale. Et ceux qui résident en banlieue ou en zone périurbaine savent qu’elle est indispensable. Économiser de l’énergie est salutaire, surtout au prix de l’essence, mais cessons de nous dire que l’on sauve la planète en prenant son vélo.

[…] Je cherche les radios ou les télés qui émettent, ne serait-ce que quelques secondes, des réserves sur les infos qu’elles donnent à propos du réchauffement. Sur ce sujet, aussi aléatoire, imprécis, incertain, balbutiant et grave à la fois, où est l’esprit critique ? Si nous pensons tous la même chose, c’est que nous ne pensons plus rien…”

Une science inexacte

“L’océan est bel et bien le carburant de l’atmosphère. Son rôle est essentiel dans le fonctionnement du climat et, cependant, notre connaissance de cette machine thermique est encore balbutiante. Nous tenons là une clé magique pour comprendre le temps, et nous en savons tellement peu sur le sujet…

[…] Est-ce que le climat qui est le nôtre aujourd’hui a été déterminé, il y a quelques siècles, dans un autre coin du globe ? C’est fort probable. Mais alors,pourquoi les océans ne seraient-ils pas aussi responsables de l’élévation des températures ? Ils libéreraient dans l’atmosphère une chaleur accumulée il y a bien longtemps, provoquant le réchauffement de la mer et de la planète.

Autre réflexion : l’inertie thermique de l’eau est telle que, depuis soixantedix ans, les océans se réchauffent plus lentement que l’atmosphère. En ce moment, ils accumulent et stockent une énergie calorifique colossale et ils vont un jour la libérer, quoi que nous fassions… Tous nos efforts pour rééquilibrer les températures seraient donc vains.

Ce qui tendrait à prouver que nous sommes étrangers à ce qui nous arrive. C’est la faute à Louis XIII, il a régné sous un siècle de douceur. Boutade de climatologue ! En réalité nous n’en savons rien. Seule certitude : la mer se réchauffe…"

La Terre, un être vivant

"On a vu que l’océan ressemblait à un tapis roulant et que les eaux de surface plongeaient dans les abysses en se refroidissant. Ce plongeon entraîne avec lui une partie du gaz carbonique qui s’est dissous dans l’eau et va le reléguer au fond des mers pendant mille ans.[…]Mais il existe une autre pompe à carbone. Celle-là est biologique. Elle est actionnée par deux stars des surfaces océanes, deux bactéries au nom barbare : Prochlorococcus et Synechococcus.Elles existent par milliards dans les eaux de surface des mers.Ces bactéries vivent grâce à la combinaison de la lumière et du gaz carbonique qu’elles avalent.

[…] Serait-il idiot de suggérer qu’elles puissent devenir de grosses dévoreuses de carbone ? Idiot d’imaginer qu’elles puissent se réactiver ou même que nous les multipliions ? Serait-il idiot d’imaginer que le globe, organisme vivant, crée en son sein des cellules avaleuses de CO2 comme notre organisme crée des anticorps pour lutter contre les maladies ?"

Les leçons de l’Histoire "Depuis vingt ans, j’observe jour après jour les cycles des saisons à travers mes bulletins météo. Récemment, j’ai pu noter l’évolution vers le haut des températures de la nuit, l’absence de neige dans les villes, les caprices des anticyclones, qui peuvent s’installer un mois durant et nous quitter deux ou trois mois, un phénomène récent et spectaculaire… Je note également que nous battons des records, en général de douceur, mais je n’exclus pas à l’avenir des coups de froid extrême.

Ces à-coups, ces variations brutales, sont imputables au réchauffement climatique, nous disent les experts. Et cependant ils ont toujours existé. L’histoire de la climatologie en est truffée. […] Entre 1300 et 1550, d’année en année, le climat a sautillé d’excès en excès sans s’inscrire dans une tendance particulière. En prenant tout le recul de l’historien, ces brusques variations s’annulent et fournissent une courbe assez stable. Dès que l’on prend un peu de hauteur, les moyennes s’aplatissent comme pour nous montrer que, en annonçant l’apocalypse à la vue des trente dernières années, nous réagissions le nez dans le guidon et qu’il peut encore se passer bien des choses en matière climatique dans les décennies qui viennent.”

Et si la Terre s’en sortait toute seule ? de Laurent Cabrol, Le Cherche-Midi, 142 pages, 10 euros.